Noam Chomsky superstar!!!

30 05 2010

Noam Chomsky

Noam Chomsky

Chomsky superstar à Paris, aussi attendu que le dalaï lama

Salle comble et ambiance survoltée à La Mutualité, où l’intellectuel américain, âgé de 81 ans, a échangé avec son public français. La suite
Par François Krug | Eco89 | 30/05/2010 | 17H26

Monsieur Noam Chomsky, donc, accueilli comme il se doit à Paris!

et qui en a parlé? quel média?

quelques uns, évidemment…

ce linguistique, inventeur de la « linguistique générative » est aussi connu pour ces prises de positions politiques, qui ménagent peu les pouvoirs en place, et qui font qu’on le classe généralement dans les rangs de la gauche dite « radicale ».

pourtant, c’est avant tout un pacifiste: radical, oui, mais non violent.

parce qu’il sait que, aussi vrai que le peuple de la planète est exploité, la violence ne sera jamais une solution.

interdit d’entrée par le gouvernement israëlien, pas vraiment accueilli en grande pompe en France, il démontre en tout cas que les grands intellectuels peuvent encore toucher un large public.

les BHL et autre Finkelkraut devraient en tirer quelque enseignement: les vraies idées font toujours recette!

au fond, en quoi son discours est-il différent de ce que John Lennon, avec Yoko Ono, appelait de ses vœux dans « Imagine »?

vous pouvez dire que je suis un rêveur: mais je ne suis pas le seul!!! 🙂

bien @ vous,

nicogé

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12 responses

1 06 2010
erikantoine

j’étais aux conférences de Chomsky, les deux conf scientifiques.
J’ai (j’avais?) par ailleurs de la sympathie pour son discours politique.

Eh bien, après ce passage de chomsky à paris, je peux dire que je suis édifié.
Sa linguistique est… comment dire ? Ce n’est pas de la linguistique. Et quand je lis (rue 89) qu’il a « démontré » par ses travaux que le langage est en partie inné, je vois que les différents champs dans lesquels il opère le légitiment dans le champ voisin, malheureusement, en interne, la légitimité, il ne l’a pas gagnée. Il n’a rien « démontré » sur le caractère inné du langage. Cela fait partie des postulats de sa « linguistique » toujours aussi indémontré qu’au début. Mais bon, pour les gens qui écoutent ses discours politiques, il est « le grand linguiste ». Il est un linguiste très controversé, ayant imposé sa théorie plus par mainmise institutionnelle que par discussion scientifique (dans ses conférences, il ne cite quasiment aucune théorie linguistique concurrente à des fins de discussion, il se contente d’ignorer tout ce qui n’est pas de lui. Au collège de France lundi, il n’a même pas reconnu C. Hagège qui lui posait respectueusement une question et s’est contenté de tourner en ridicule son propos, mettant les rieurs de son côté et feignant d’avoir compris que la question était absurde.)

Par ailleurs, si nécessaire que soit sa dénonciation de l’impérialisme américain, sa façon de se comporter laisse rêveur sur les conséquences pratique de cette « dénonciation ». Chomsky, partout, toujours, parle anglais, sans un signe qui indiquerait qu’il a conscience d’être ailleurs que chez lui (aucune phrase du type, « merci de m’avoir invité, désolé je ne parle pas français, j’espère que nous pourrons nous comprendre). S’adressant à des publics assez intellectuels et respectueux jusqu’à l’onctuosité, personne n’a l’idée de lui signaler, mais enfin, ça fait un peu bizarre.

Au collège de France, institution de savoir ayant une tradition d’ouverture absolu de l’enseignement au public sans discrimination, une gestion policière de l’espace a été mise en place, en complète contradiction avec l’esprit du lieu et la philosophie politique du conférencier. Que l’on traite les gens comme du bétail à canaliser en réduisant à rien la liberté de circuler autour de la conférence n’a paru gêner ni J. Bouveresse, ni Chomsky, bien à l’abri du dispositif de type technicien-coercitif qui a bien contribué à transformer cette conférence en un événement spectaculaire absolument sans conséquence.

Et je pourrai continuer. Le diable gît dans les détails, et l’accumulation de détails me fait penser qu’il y a une grande contradiction entre la philosophie politique que Chomsky semble prôner et la pratique, ce qui dénonce cette pensée comme inoffensive. Un peu comme celle de Badiou en France.
La contestation est ailleurs. Chomsky, comme le montre les tickets vendus à la Fnac 18 euros pour la conf de la mutu, c’est du show.

3 06 2010
Le colporteur

voilà qui est très intéressant et très argumenté.

merci pour ce commentaire.

effectivement, le prix et l’organisation pose question.
pour ce qui est de sa légitimé de linguistique, je précise tout de même que ces travaux ont servi de base à bien des recherches et même à des manuels destinés aux enseignants de primaire.

ce qui n’empêche pas qu’ils puissent être contestables par ailleurs.

bien @ vous,
nicogé

4 06 2010
erikantoine

Ses travaux de linguistiques sont contestables et contestés, mais tout d’abord expliquons un peu la situation.

N. Chomsky développe depuis les années 50 (syntactic structures paraît en 1957 je crois) l’élaboration d’une linguistique qui s’est d’abord appelé grammaire générative et transformationnelle. Le modèle, reposant sur quelques principes et postulats en nombres restreints et bien précis, a considérablement évolué depuis le début (on en est aujourd’hui au minimalist programm, voire, si j’ai bien compris, à la biolinguistique).
Les principes sont:
*la langue/le langage humain est un système computationnel.
*ce système computationnel est un algorythme qui permet au locuteur de générer tous les énoncés grammaticalement corrects de la langue, en nombre infinis et seulement ceux-là.
*Ainsi, ce que toutes les langues doivent nécessairement avoir en commun comme langues naturelles est un système de règles de syntaxe, que la grammaire générative appelle UG (Universal Grammar).

Ainsi, Chomsky s’oppose d’emblée au behaviorisme et au structuralisme de l’époque. La faculté de parler n’est pas, pour la grammaire générative, un ensemble d’habitude acquise par imitation de l’environnement (un conditionnement par habitude et traitement de l’input), mais une faculté cognitive. Il faut remarquer ici que Chomsky ne fait pas de différence, dans ce qu’il appelle, UG, entre la langue dans ce qu’elle a d’universel à travers les langues du monde et le langage comme faculté de parler. Attaché à cette conception de la langue il y a un innéisme (la faculté de parler est une capacité cognitive spécifiquement humaine qui est un module spécifique dans la cognition, en tant que tel hérité en même temps que les caractéristiques de l’espèce, sinon, comment expliquer que le petit enfant, plongé dans l’environnement humain de la famille, apprenne à parler, alors que le petit chat de la famille, qui vit dans le même environnement, n’apprenne jamais).

Il faut noter aussi que cette théorie entend rendre compte d’une chose: la grammaire universelle conçue comme un module cognitif qui se présente comme un ensemble de règles de génération des énoncés corrects et d’apprentissage de la faculté de parler. C’est là que c’est une théorie bien particulière de la linguistique et qu’on comprend que cette vision des choses entraîne que la langue, pour Chomsky, doit être étudiée comme un objet naturel, avec un accent mis sur la syntaxe.

D’autres théories linguistiques ne fonctionnent pas ainsi: elles se présente comme des sémiologies descriptives, c’est à dire qu’elles cherchent à rendre compte de l’organisation de langues naturelles précises (l’anglais, le français, le yoruba, le wolof) en tant que systèmes de signes permettant l’interaction verbale entre les locuteurs du même groupe linguistique. Les problèmes d’acquisition du langage étant laissé à la psycholinguistique qui dévoloppe ses propres théories sur l’acquisition par les enfants des règles d’agencement des signes linguistiques et de la signification de ces signes. La neurologie et la neurolophysiologie s’occupant de modéliser et d’étudier l’activité et les aires cérébrales entrant en jeux dans la faculté et l’activité de parole.

Ainsi la grammaire générative se présente comme une théorie totale de l’activité et de la faculté de générer des énoncés (nous verrons que l’on peut considérer cela comme une restriction de l’usage réel du langage), anti-comportementatliste, innéiste, voire biologique, ce qui la situe dans la lignée de la linguistique américaine du distributionnalisme de Harris en la dépassant. De plus elle a une volonté marquée d’ancrer l’étude du langage, conçu comme un objet de la nature, dans les sciences dures, sciences de la nature, soumis au même régime de rationnalité scientifique que la science moderne, galiléenne, newtonienne, cartésienne.
Pour construire le modèle de UG, la méthode est hypothético-déductive, des principes devront être déduits la forme du modèle adéquat dégagé par le linguiste pour UG, le tout vérifié par l’application des règles, soumis au régime de cohérence, et qui devront permettre de générer les énoncés de la langue et seulement ceux-là.

ce programme peut sembler très séduisant et peut-être vous vous demander maintenant, après cet exposé, pourquoi, quand on est linguiste on peut s’opposer à cette vision des choses. Suspens… si l’hôte de ce blog n’en a pas assez de la linguistique, je vous le dirai plus tard.

4 06 2010
Le colporteur

bonjour!

merci pour ces précisions passionnante.

j’aimerais beaucoup connaître la suite, étant moi-même très intéressé par ce domaine sans malheureusement en être un fin connaisseur.

(je précise que je connais Chomsky par le biais de certaines applications pratiques de ces travaux qui m’ont naturellement amenées à m’intéresser à la grammaire générative, et surtout pour avoir lu certains de ces livres sur d’autres sujets, et toujours en restant attentifs aux critiques qui lui sont faites).

je dois dire que je n’avais jamais trouvé d’explication aussi claire que la votre.

merci, donc!
bien @ vous,
nicogé

1 06 2010
Tietie007

Enfin bon …Chomsky dit des choses intéressantes mais a un peu trop le goût pour la complotite aigue …même si il a rejetté les théories complotiste sur le 11/09 comme étant ridicules !

3 06 2010
Le colporteur

comme quoi…

9 06 2010
erikantoine

@ nicogé: merci. Comme quoi, ses deux conférences n’auront pas été en vain… Et c’est d’ailleurs pour ça que j’y allais, moi qui ne suis pas générativiste: la possibilité de voir en chair et en os un personnage historique de la discipline expliquer sa théorie.

Avant d’exposer quelques théories concurrentes, je tiens à préciser justement quelques petites choses en lien avec ses conférences:

Les retombées d’abord. On ne peut qu’être déçu du processus bizarre d’invisibilisation qui a eu lieu lors du passage à Paris de Chomsky. Les organisateurs ‘pro-Chomsky’ dénoncent (Jean-Mathias Fleury, MC Collège de France sur le blog des éditions Agone, Jean-Jacques Rosat, MC Collège de France sur le site d’Acrimed) le traitement ou le non traitement journalistique, par le Monde notamment, des conférences de Chomsky. C’est un premier point. Mais très insuffisant à mon sens. On peut toujours dire que les médias dominants ignorent Chomsky. Franchement, on s’en fiche et ce n’est pas exactement vrai. Articles dans le Monde, rue 89, Le Parisien, passage à France 3 chez Taddei. C’est peu mais c’est tout de même plus que pour le passage à Paris de Larry Hyman en 2002 (et oui, autre grand linguiste américain) ou C. Vigouroux le même vendredi que Chomsky (sociolinguiste, donnait une conférence à Paris 3). Comme quoi, Chomsky bénificie bien d’un accès à la parole publique que tout le monde n’a pas. Vu sa carrure intellectuelle et historique, c’est normal.

Non, ce qui est à déplorer, plus qu’une invisibilité réelle, c’est une invisibilité conceptuelle. En quoi cette visite a-t-elle diffusé largement ses idées ? C’est à dire fait connaître ET permis de discuter ? Ni les journaux, ni les critiques des journaux ne relaient, ne vulgarisent la pensée (notamment linguistique) de Chomsky. C’est dommage, car cela aurait été l’occasion de parler non seulement de la linguistique de Chomsky, mais de la linguistique tout court. Quelles théories en France, quelle implantation du générativisme, quels chercheurs ? En somme quelle est actuellement la vitalité et l’implantation institutionnelle de cette discipline, naguère si en vogue comme ‘science pilote’ des sciences humaines? On dirait, pour le grand public ‘cultivé’, que la linguistique a livré le meilleur de ce qu’elle pouvait donner en 1950-1960 et on se contente de ressasser deux trois notions de Jacobson ou de Saussure en Khâgne et ailleurs, alors que, dans la confidentialité où elle est revenue, la linguistique n’a peut-être jamais été si riche de modélisations théoriques et de matériaux empiriques.

Enfin, et cela nous mènera aux conférences elles-mêmes et aux critiques à Chomsky, on peut déplorer que les personnes ayant invitées Chomsky aient participé elles-mêmes, à leur corps défendant sans doute, à ce processus d’invisibilisation. L’invitant de la conférence du CNRS était Pierre Pica. Au Collège de France, la Chaire de philosophie du langage et de la connaissance, tenue par Jacques Bouveresse. Qui, en France, et même parmi les membres du public des conférences du samedi et du lundi, connaissaient ces deux scientifiques français ? Assurément beaucoup moins que ceux qui connaissaient Chomsky. Or, il est à noter que ni l’un ni l’autre, pourtant universitaires de très haut calibre, ne se sont posés en discutant après la conférence de Chomsky, en posant la première question par exemple, ni n’ont eu la présence d’esprit de se présenter eux-mêmes en présentant Chomsky. D’ailleurs, les deux ont passé tout de suite la parole à Chomsky avec à peu près la même formule ‘je ne présenterai pas Chomsky’. Ce qui est dommage, parce que Chomsky est certes connu, mais comme un nom surtout, et on peut parier qu’une mise en perspective de son positionnement dans le champ scientifique n’aurait pas été malvenu. Certes, cela aurait risqué d’être désobligeant, et manifestement, pour recevoir notre invité, le mode de la vénération et la courbette ont été préférés à la discussion scientifique.

Ainsi, Chomsky a pu se poser samedi comme le représentant de ‘la’ linguistique, et le lundi comme celui de ‘la’ philosophie de la connaissance digne de ce nom accompagnant l’étude sur le langage. Positionnement qu’il a pris en ne faisant référence, samedi, à aucune littérature scientifique autrement référencée que ‘in the literature’ (très précis), générative ou autre. Inutile de dire que les normes de présentation scientifique étaient loin d’être suivies, car sans citation précise, sans positionnement dans le champ disciplinaire, et surtout SANS MATERIAU EMPIRIQUE, comment se faire une opinion réelle sur l’honêteté et la solidité de la démarche ? C’étaient d’assez bonnes conférences de vulgarisation de la linguistique et de la philosophie DE CHOMSKY.

Par ailleurs, Chomsky ne serait pas Chomsky sans les grandes qualités qui sont les siennes: une puissance intellectuelle impressionante, on voit qu’il raisonne à 200 à l’heure. Une capacité d’orateur hors du commun (le samedi, 1H30 de conf’ sans note, plus 30 min de question, avec un débit très agréable à suivre et des formulations prêtes à être imprimé, le tout à 82 ans!). Une grande disponiblité: après avoir parlé deux heures, Chomsky a spontanément signé quelques livres et papiers tout en discutant avec les gens qui venaient lui exprimer leur gratitude. De l’humour: dans ses conférences, mais encore plus dans les séances de question, il a toujours l’art de faire passer son point de vue grâce à une blague ou une pirouette entre deux argumentations très bien fichues.

10 06 2010
Le colporteur

merci beaucoup, c’est passionnant!

23 06 2010
erikantoine

Bonjour!
Me revoilà. Bon peut-être que plus personne ne lit les commentaires de ce post sur Chomsky, mais tant pis, le bonhomme vaut la peine de faire un peu de follow up.
Je ne sais pas si je ferai un post complet de résumé sur toutes les critiques adressées à la théorie de Chomsky. Mais je vais déjà donner quelques indications.
Déjà, je me permets de signaler le blog d’un linguiste français, Alain Lecomte, qui a rendu compte dans plusieurs billets de la venue de Chomsky:
http://alainlecomte.blog.lemonde.fr/
Lui aussi revient encore sur la visite 15 jours après.

Pour ce qui est des antipathies théoriques. Il vaut toujours la peine de voir à qui s’opposent les fondateurs d’une nouvelle théorie ou d’un nouveau courant. Chomsky s’opposait fortement au behaviorisme (voir le compte rendu qu’il fait de Skinner en 1959). Pour l’avoir entendu samedi 29 mai, je dirais qu’il fait toujours semblant de lutter contre le behaviorisme, ce qui est un peu ridicule, vu que ce ne sont pas particulièrement les plus vivants actuellement en linguistique. En revanche, quand il fait mine de dénigrer, sans les discuter sérieusement, les autres approches que la sienne de l’étude du langage, c’est vraiment de la malhonnêteté, car son public, à moins d’être connaisseur, ne saura pas qui est visé et à quel point les critiques de son approche ont de sérieux arguments.
Alors explicitons: parmi les grands adversaires de toujours du générativisme, je schématiserai en citant deux courant: les fonctionnalismes et les dissidents ou les insatisfaits du générativisme.

Voilà pour les courants théoriques, c’est sans compter les linguistiques résolument empiristes, issues notamment de la sociologie et de l’anthropologie:
ethnographie de la communication (E. Goffman), http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman
analyse conversationnelle (Sacks, D. Tannen, G. Jefferson etc.), http://fr.wikipedia.org/wiki/Harvey_Sacks
sociolinguistique interactionnelle, anthropologie linguistique (Gumperz etc.) etc. http://en.wikipedia.org/wiki/John_J._Gumperz
Mais ces derniers courants ne sont pas vraiment en concurrence directe avec le chomskysme, tant leur approche presque ‘athéorique’ (au départ) se situe d’emblée sur un autre terrain.

Un autre courant particulier, parti de la philosophie anglo-saxonne, est de fait en contradiction avec Chomsky sur les principes, mais n’a pas été en concurrence directe (à ma connaissance), car encore une fois, les points de départ sont trop éloignés. Je fais référence ici à la pragmatique des actes de langage fondée par les oeuvres de Austin et Searles
http://en.wikipedia.org/wiki/J._L._Austin
http://en.wikipedia.org/wiki/John_R._Searle

et qui donnent lieu à de nombreux prolongements:
pragmatique interculturelle de wierzbicka et goddard http://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Wierzbicka
en france, la pragmatique intégrée de O. Ducrot http://fr.wikipedia.org/wiki/Oswald_Ducrot
Un autre développement de la pragmatique des actes de langage d’Austin et Searle est la théorie de J H Grice sur les maximes conversationnelles http://en.wikipedia.org/wiki/Gricean_maxims
critiquée par la théorie de la pertinence de Sperber et Wilson
http://en.wikipedia.org/wiki/Relevance_theory.
La pragmatique est précisément une linguistique qui se situe sur un tout autre terrain que Chomsky, puisqu’elle part du questionnement de savoir comment fonctionnent les énoncés en situation (quelle est leur force illocutoire et comment elle est codée déjà dans la forme de l’énoncé et en rapport avec la situation d’énonciation). Je rappelle que la question de Chomsky est de savoir comment un locuteur idéalement compétent forme toutes les phrases grammaticalement correcte d’une langue. Il exclu résolument l’étude de ‘l’externalisation’ du langage et donc la pragmatique. A vrai dire, cette exclusion est impossible et sous la plume de ses fidèles on peut trouver une entité au-dessus de la phrase (S), l’expression (E), qui ressemble fort à ce que la pragmatique appelle énoncé, car sinon il est impossible de rendre compte de formation régulière comme: un dernier verre et je pars / un bisou et au lit / le fric ou je t’en colle une.

Voilà cet aperçu fait déjà voir que ce que Chomsky appelle ‘l’externalisation du langage’ fait l’objet d’étude sérieuses, scientifiques, empiriques et rationnelles. Contrairement à ce qu’il semble prétendre, l’usage concret de la langue peut être constitué en objet de science et n’est pas seulement la collection d’une myriade de faits empiriques dont on ne peut rendre compte. Il est vrai en revanche, que si on prétend, comme lui, en rendre compte à la manière de la physique, ça risque de ne pas marcher. Mais il n’y a que Chomsky (et Bouveresse) pour poser comme modèle pour les sciences sociales la physique newtonienne (!). Ce n’est pas le seul modèle de rationalité scientifique…

18 07 2010
Le colporteur

c’est fantastique, merci!

en fait, c’est tout le blog qui est un peu en sommeil, parce que le groupe le colporteur est lui-même en sommeil, pour l’instant seulement je l’espère.

merci encore pour toutes ses explications, c’est passionnant.
je me dis que pour des discussions comme ça, ça vaut le coup d’être un modeste blogueur.

à bientôt,
nicogé

19 07 2010
erikantoine

merci à vous pour votre accueil.
et bonne continuation !
je pourrais continuer moi-même mais si le blog est en sommeil, ça ne rime à rien. De plus j’ai aussi eu une discussion houleuse sur le blog d’AL cité ici. Donc je pense que la prochaine étape est d’ouvrir mon propre blog pour parler de linguistique 😉 plutôt que de troller chez les autres…
à +
erikantoine

27 09 2010
Le colporteur

en tout cas merci, et surtout il faudra nous communiquer l’adresse de ce blog!!! je l’attends avec impatience.
amicalement et merci encore!
nicogé

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